09/06/2011

Energies renouvelables et nucléaire

De quoi demain sera-t-il fait


 

                                                   Energies renouvelables et nucléaire

 

De quoi demain sera fait ?

 

Nos brillants magistrats fédéraux connaissent-ils la distinction entre l’optimisme et l’utopie ?

 

L’optimisme, c’est de croire dans le développement des énergies durables, de tout faire pour que notre pays s’assure un avenir durable et respecte les engagements du protocole de Kyoto.

Le chemin sera long avant que la Suisse n’atteigne ces objectifs et sans doute devrons-nous changer certaines de nos habitudes.

 

L’utopie est de penser que l’on peut, d’un simple trait de plume, signifier l’arrêt à courte échéance de notre production d’électricité d’origine nucléaire, sans avoir prévu comment la remplacer.

 

L’équation est fort simple : Où pourrait-on trouver les 26 milliards de kilowatts/heure que produisent nos cinq centrales nucléaires.

On arrive à peine à trouver l’énergie nécessaire à notre consommation actuelle.

Avec le développement futur de notre démographie et l’expansion économique qui ne faiblit pas, nous serons contraints d’accroître nos importations de courant provenant de l’étranger.

Cela ne suffira pas. D’autant plus que le marché de l’électricité est déjà tendu et ne va pas s’améliorer dans les années futures.

L’énergie est une ressource qui se fait rare et, de ce fait, un bien de plus en plus cher !

 

Mais l’utopie continue sous la coupole fédérale.

Croit-on sérieusement compenser ce déficit énergétique en relevant le niveau des barrages ?

Cela peut être un palliatif à courte portée, mais c’est loin d’être une solution majeure ! Le résultat serait de quelques millions de Kw/h supplémentaires, sans aucun impact notoire sur notre production d’énergie.

Ceci étant dit, il est du devoir de notre Confédération et des sociétés électriques d’anticiper la hausse prochaine des besoins nationaux en procédant rapidement au rehaussement de nos centrales hydro-électriques. Tout apport d’énergie supplémentaire sera le bienvenu. Mais cela restera insuffisant !

 

C’est la même chose pour les énergies renouvelables solaires et éoliennes.

Il faut encourager la mise en place d‘installations de production photovoltaïques partout où cela est possible.

A Genève,  les SIG vont couvrir Palexpo de panneaux producteurs d’énergie.

Pareil à Lausanne où l’UNIL va en accueillir un grand nombre sur ses toits.

Mais ne nous leurrons pas… Cette énergie propre et gratuite manque de constance et de disponibilité.

A quoi bon produire de l’énergie écologique si on ne peut pas la stocker quand elle abonde pour la redistribuer quand elle manque.

Va-t-on devoir restreindre notre consommation électrique de novembre à mars sous prétexte que les nuits sont longues ou qu’il n’y a pas suffisamment de vent !

 

Le solaire soulève un autre problème : celui de son coût : 8000 francs pour 15 m2.

Pour obtenir seulement 15% de notre production électrique, il faudrait que chaque habitant dispose de ces 15m2 de panneaux photovoltaïques.

La facture promet d’être astronomique ! Sans compter le renforcement des charpentes des maisons les moins récentes pour absorber ce surplus de poids : 33kg/m2.

Qui pourra payer une telle somme ?

Et puisque nous parlons chiffres, a-t-on seulement estimé le prix faramineux du démantèlement d’une centrale nucléaire ?

Les finances fédérales en seront assommées pour longtemps… Mieux vaut moderniser celles qui existent, cela coutera nettement moins cher.

 

Au registre des fausses bonnes idées, plaçons la géothermie.

Les secousses telluriques qui ont ébranlé la région bâloise ont sonné comme une mise en garde à ce sujet.

On a constaté que les forages trop profonds qui martelaient le sous-sol de Bâle ont causé des dégâts importants en profondeur.

Visiblement, ces recherches de chaleur souterraine, issue du volcanisme encore présent dans cette région ont déclenché des mécanismes telluriques qui affectent la sécurité des bâlois.

Allons-nous courir le risque de déclencher un tremblement de terre pour quelques thermies supplémentaires ? Je ne le recommande pas.

 

Et puisque nous parlons de santé publique, personne n’ignore que les pellets de bois dégagent des particules fines. Ces micro-éléments sont particulièrement nocifs pour la santé. Leur utilisation intensive, en chaufferie industrielle, pourrait avoir des conséquences néfastes pour nos voies respiratoires. D’autant plus que, pour obtenir une puissance énergétique significative, la demande en bois risquerait vite de contribuer à la déforestation du pays et des pays voisins.

Toute combustion produit des microparticules, celle des pellets n’y fait pas exception. Enfin, a-t-on imaginé les problèmes liés au transport du bois nécessaire à la fabrication de ces pellets? Là encore, cela pourrait coûter très cher.

 

Pour les énergies issues de la biomasse, le problème est différent. On peut produire du biogaz toute l’année et le transformer en chaleur, force ou carburant.

Mais l’aspect le plus problématique de cette source d’énergie indigène, c’est la ressource ! Même en mobilisant toutes les matières potentiellement utilisables, on arrive à peine à 20% de notre production énergétique actuelle.

Et encore faudrait-il mobiliser toutes nos ressources disponibles, depuis les déchets de cuisine et de restaurants jusqu’aux résidus de l’agriculture.

L’agriculture suisse produit plus de 20 millions de tonnes de lisier et de purin. Ce chiffre peut paraître énorme, mais il est insuffisant, surtout si on sait que le rendement méthanogène de ces matières est loin d’être le meilleur.

Cela ne doit pas empêcher nos agriculteurs de se grouper pour produire le plus de biogaz possible. Il faut persévérer dans ce domaine et encourager nos concitoyens à poursuivre le tri sélectif des matières organiques, avec la petite poubelle verte qu’ils ont reçu voici quelques années.

En ce qui concerne le biogaz, un autre danger se profile : la guerre de l’énergie ! Cette ressource est l’objet de bien des convoitises, entre les fournisseurs d’énergie et les distributeurs de carburant.

Il ne s’agit pas seulement de produire de la chaleur et de l’électricité, il faudra aussi remplir le réservoir des voitures.

Les grands groupes électriques suisses l’ont bien compris.

AXPO exploite des centrales nucléaires, mais développe avec vigueur sa filière biométhane selon le procédé kompogas.

Mais où peut-on trouver, chaque année,  26 milliards de kilowatts/heure ?

A l’échéance que fixe notre gouvernement, cet objectif est irréalisable.

Alors plutôt que de surfer sur la vague de l’après-Fukushima, on ferait mieux de renforcer la sécurité de nos centrales existantes ou de les rénover complètement si besoin est.

Mais condamner la Suisse et ses habitants à l’obscurité permanente ou au retour au 19ème siècle, c’est totalement exclu !   

La recherche marque des étapes décisives, la production d’énergie tend à devenir plus sure et plus écologique, alors n’arrêtons pas la Suisse en plein élan.

Pour notre économie comme pour notre population, ce n’est vraiment pas le moment.

Il faut nous garantir un approvisionnement électrique qui ne dépende que de nous, plutôt que de compter sur des livraisons étrangères.

Celles-ci seraient d’autant plus dangereuses qu’elles n’offrent aucune garantie d’approvisionnement permanent.

Prenons garde avant d’éteindre les centrales nucléaires, on ne sait pas de quoi demain sera fait….

                                                                                                          André Reymond

09:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

le monde de demain un monde de schizophrènes menant au fouet les autres résultat d'un certain film ayant beaucoup d'émules ,La Planète des Singes cependant comme beaucoup de citoyens âgés ou du moins considérés comme tels par des soignants si on compare nos anciens conseillers fédéraux ces Messieurs avaient beaucoup de plus de personnalité et ne s'amusaient pas à faire peur au peuple ,on ne peut gouverner en diffusant le mot économie toutes les semaines,bravo pour ceux qui cherchent du travail de quoi les encourager à vivre,non gouverner c'est comme être parent car un enfant qui sent ses parents avoir peur en profitera largement et saura les manipuler jusqu'à ses 36 ans,les parents seront les esclaves de leurs enfants,voilà le monde de demain

Écrit par : lovsmeralda | 09/06/2011

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